Les musées du Capitole et Montemartini

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 Le Capitole est un complexe muséal d'une importance historique et culturelle extraordinaire

Les musées capitolins de Rome

« Le Capitole est un complexe muséal d'une importance historique et culturelle extraordinaire : il comprend la place du Capitole, les palais, les collections archéologiques et artistiques, auxquels s'ajoutent maintenant les principaux monuments antiques depuis la réouverture du passage souterrain. On y jouit d'une vue magnifique sur la Rome païenne et sur la ville chrétienne.
Cette perfection, ce sens d'harmonie magique que l'on respire en montant au Capitole le long du monumental escalier ne sont pas simplement le résultat du magnifique dessin architectonique de Michel-Ange. La disposition de la place, qui, tout en étant englobée par des édifices, s'ouvre sur la ville telle une scène de théâtre... » Nunzio Giustozzi, Musées Capitolins, Guide Electa.

La description faite par Nunzio Giustozzi n'est pas excessive,le Capitole est un endroit unique au monde. Les palais, la place et l'escalier monumental dominé par les dioscures (ce qui signifie en grec ancien, « jeunes garçons de Zeus ») Castor et Pollux sont un écrin remarquable pour ce qui a été le premier musée public au monde. Ce lieu unique aura évolué au fil des siécles en s'appropriant les techniques de muséologie moderne, créant des espaces remarquables pour des œuvres exceptionnelles tel que l'original de la statue équestre de Marc Aurèle... Il a fait preuve d'une originalité typiquement italienne en décentralisant une partie des œuvres antiques vers la centrale électrique Montemartini où l'on peut admirer, parmi des turbines géantes désormais muettes, des sculptures et des mosaïques d'une beauté impressionnante.

Un peu d'histoire.

Le pape Sixte IV en 1471 crée le premier musée du Capitole afin d'accueillir quatre exceptionnelles statues de bronze antiques qu'il donne au peuple romain : la Louve Capitoline, la Gitane, le Tireur d'épine et deux fragments de la statue colossale de l'empereur Constantin dont la tête et une main. En réalité, il ne s'agit pas d'une donation mais d'une restitution. A cette époque où l'art se libère du carcan clérical, toute la société redécouvre le faste et la grandeur de la Rome antique. Sixte IV pose un geste fort en restituant ces œuvres au peuple : « ...ces statues de bronze, témoignage de la grandeur antique du peuple romain qui les avait créées, devaient lui être restituées et données sans réserve. » (note du pape, dans les archives du palais des Conservateurs). Le palais des Conservateurs devient donc le premier musée public, et la Louve, installée sur sa façade, devient l'emblème de Rome. 

En 1537, sous les ordres du pape Paul III, Michel-Ange est chargé de redessiner la place du Capitole afin d'y transférer la statue équestre en bronze de Marc Aurèle. Les travaux s'étaleront sur un siècle et la première pierre du palais Neuf, jumeau du palais des Conservateurs, sera posée en 1603. Ce n'est qu 'en 1734 que le musée sera ouvert au grand public. Durant ces décennies, les papes continueront à enrichir les collections : la statue de bronze doré d'Hercule ; le Galate mourant ou encore le don, par Pie V d'un lot de trente statues, celui-ci jugeant inconvenant que le successeur de Pierre conserve chez lui des idoles païennes... Sous Benoît XIV (1740-1758) est mise en place une politique pontificale visant à conserver les œuvres picturales à Rome. Cela se traduit par l'achat de collections importantes et par la création de la pinacothèque capitoline.

En 1797, Napoléon Bonaparte impose le transfert de quelques œuvres majeures vers le musée du Louvre. Après la chute du régime napoléonien, l'obstination d'Antonio Canova et l'application des clauses du Congrès de Vienne obligeront la France à restituer la majeure partie des œuvres volées : le Tireur d'épine, le Galate mourant, le Brutus capitolin... Cependant, en cette fin du XVIIIe, la création du musée Pio-Clementino, c'est-à-dire les futurs musées du Vatican, sera la cause d'une compétition entre les collections, l'une communale et l'autre pontificale. C'est ainsi qu'en 1838 la collection égyptienne du Capitole est déportée au Vatican, sur ordre du pape Grégoire XVI...

Au XIXe, peu de pièces artistiques intègrent les musées ; progressivement, l'aspect scientifique et historique est pris en considération. Sous l'impulsion de Rodolfo Lanciani, en 1903, les collections sont réorganisées selon des critères plus rigoureux s'appuyant sur le contexte archéologique. Le musée est agrandi pour accueillir les nombreuses pièces découvertes lors des travaux urbains initiés par Mussolini...
 Actuellement, une parties des sculptures et des mosaïques sont exposées dans une ancienne centrale électrique et le projet « Grand Capitole » demandera le réaménagement du palais des Conservateurs...

Que voir ?

En venant de l'escalier, vous passez entre les Dioscures, dirigez-vous à droite vers le Palais des Conservateurs où se trouve la billetterie, le vestiaire et la librairie. C'est dans les quinze sales du premier étage que vous pourrez découvrir dans un décor somptueux : le Tireur d'épine, la mythique Louve allaitant Romulus et Remus ou encore la terrible Méduse du Bernin... Au second étage de cet ancien palais se trouve la pinacothèque instituée en 1749 . Elle compte parmi ses collections des œuvres du Titien, de Reni, du Caravage, de Rubens, Van Dyck, Velazquez... et une salle réservée à Piétro de Cortona.

Vous passerez ensuite dans un nouvel espace très lumineux. Il s'agit des anciens jardins transformés en une immense « véranda » circulaire où sont exposés l'original de la statue équestre de Marc Aurèle (une copie se trouve au centre de la place du Capitole) ; l'Hercule en bronze doré et les restes de la statue colossale de Constantin.

La galerie souterraine « Lapidaria », sous la place du capitole, vous emmènera vers le Palais Neuf. Cependant, aventurez-vous à droite dans la galerie du Tabularium. A cet endroit, étaient conservées, durant l'empire, toutes les décisions juridiques, politiques et commerciales, gravées pour l'éternité sur des tablettes de pierre. Vous pourrez, au passage, en observer quelques-unes. Au bout de la galerie vous attend une vue panoramique remarquable sur les forums: en avant plan, le Temple de Saturne ; à droite, le Palatin et au loin, le Colisée.

Rebroussez chemin vers le Palais Neuf, où les salles d'une sobriété et d'une élégance presque magiques abritent des sculptures antiques qui ont influencé les artistes du monde entier : l'Enfant à l'oie, le buste de Cicéron, la Vénus Capitoline, le Galate mourant...

Les palais, les cours intérieurs, les galeries souterraines et le Tabularium se parcourent environ en quatre heures. Votre visite ne serait cependant pas complète sans vous diriger, en sortant des musées, vers les forums. Là, à gauche, juste après le Palais Neuf, vous attend une volée de marches menant à une entrée latérale de la belle église Santa Maria in Aracoléi. C'est, parait-il, à cet endroit que la Sibylle de Tibur  annonça la naissance du Christ à Auguste... L'église impressionne par le volume de sa nef centrale supportée par vingt-deux colonnes antiques récupérées parmi les ruines des forums et du Palatin. Il faut observer son plafond à caissons du XVIe et son sol cosmatesque typique du Moyen Age. Au pied de la colline du Capitole, un escalier de 124 marches de marbre blanc mène au parvis de cette basilique massive de briques rouges.

Plus de quatre-cents sculptures et mosaïques, provenant de fouilles plus récentes, sont exposées dans une ancienne centrale thermique de la première moitié du XXème siècle. Ce patrimoine d'archéologie industrielle parfaitement rénové accueille avec bonheur des œuvres antiques  de deux mille ans leurs aînées. La centrale Montemartini, du nom de son créateur, se situe au n°106 de la Via Ostiense. Un quartier peu touristique du sud de Rome desservi par le métro (arrêt "Pyramide" ou gare d'Ostiense).

Bon à savoir

Pour une visite virtuelle des musées: http://www.museicapitolini.org
Tarifs:
  •  musées du Capitole 11€  (réductions pour les étudiants...);
  • Montemartini 6.5€ (réductions pour étudiants...);
  • combiné Capitole et Montemartini  14€ valable 1 semaine.
Jour de fermeture des musées: lundi
Santa Maria in Aracolei: gratuit, fermée de 12h30 à 14h30 et à 17h30